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CONSEILS

Cahier des charges de nettoyage de bureaux : le modèle

Les rubriques à écrire avant de demander un devis de nettoyage de bureaux : périmètre, fréquences, accès, contrôle, fin de contrat. Et les formules à bannir.

Par Chapeau Nettoyage & Ramonage · Publié le · 8 min de lecture

Un cahier des charges de nettoyage, ce n'est pas un document juridique : c'est la liste écrite de ce qui sera fait, où, à quel rythme, par qui, et comment on le vérifie. Une page suffit pour des bureaux ordinaires. Ce qui compte, ce n'est pas sa longueur, c'est qu'aucune de ses rubriques ne soit laissée vide — parce qu'une rubrique vide finit par devenir une discussion. Voici le modèle, rubrique par rubrique, et ce qu'on écrit dedans.

À quoi il sert, même quand vous n'êtes pas un marché public

On associe ce document aux marchés publics, qui en publient de très détaillés. Pour une PME, un cabinet ou un syndic, il n'a pourtant rien d'administratif : c'est un outil de comparaison avant d'être un texte contractuel.

Il rend trois services, et les trois se paient plus tard si vous en faites l'économie.

  • Il rend les devis comparables. Le même document envoyé à trois prestataires produit trois prix sur la même base. Sans lui, vous comparez trois interprétations de votre demande.
  • Il règle les désaccords sans arbitre. Quand quelqu'un dit « ce n'était pas prévu », le document répond à votre place, dans un sens ou dans l'autre.
  • Il survit aux personnes. L'agent change, votre gestionnaire change, le contact chez le prestataire change. Le papier reste.

Le modèle, rubrique par rubrique

Recopiez ces rubriques dans l'ordre. Chacune tient en quelques lignes.

1. Les locaux, pièce par pièce

Pas une surface globale : une liste. Bureaux individuels, open space, salle de réunion, accueil, couloirs, cage d'escalier, sanitaires, coin repas, vestiaire, archive, local technique, local poubelles, parking, terrasse.

En face de chaque pièce, trois informations : sa surface approximative, son revêtement de sol, et si elle entre ou non dans le périmètre. Une pièce qui n'apparaît pas dans la liste n'est pas comprise — c'est la règle chez tout le monde, autant qu'elle soit voulue.

2. Les deux listes de travaux

Séparez ce qui revient à chaque passage de ce qui revient moins souvent, et écrivez l'intervalle de la seconde liste.

La première liste couvre d'ordinaire les poubelles, les sanitaires, les sols des circulations et de l'entrée, les points de contact et les surfaces de travail dégagées. La seconde rassemble ce qui ne se voit pas au premier coup d'œil : plinthes, dessus des armoires et des cadres de porte, radiateurs, cloisons vitrées, chaises, détartrage en profondeur des sanitaires.

C'est la seconde liste qui manque presque toujours dans un accord conclu au téléphone. Elle ne se remarque pas au début. Elle se remarque le jour où elle cesse d'être faite.

3. Les fréquences

Un rythme par zone, pas un rythme pour tout le bâtiment. Les sanitaires et le coin repas ne suivent pas le même calendrier que les bureaux individuels, et c'est normal.

Si vous ne savez pas encore quel rythme adopter, ne l'inventez pas dans le document : décrivez votre passage réel — nombre de personnes, visiteurs, type d'entrée — et demandez au prestataire de proposer un rythme avec ses heures en face. Notre guide sur la fréquence d'un nettoyage de bureaux explique comment la déduire de ce qui se salit chez vous.

4. Les horaires et l'accès

À quel moment on entre, et ce qui se passe si vos locaux sont occupés à cette heure-là. Qui ouvre, qui ferme, comment circulent les clés ou les badges, qui coupe l'alarme et qui la remet, ce qu'on fait le jour où le code change.

Écrivez aussi le cas des jours fériés et des fermetures : ce qui se passe quand un passage tombe un jour où personne n'est là, chez vous comme chez le prestataire.

5. Le matériel, les produits et les consommables

Trois questions distinctes, trois réponses écrites : qui apporte le matériel, qui fournit les produits, et qui rachète les consommables des sanitaires — papier, savon, sacs poubelle.

Le troisième point est celui qui empoisonne le plus de relations, parce que tout le monde suppose que l'autre s'en occupe. Ajoutez où le matériel se range et qui donne accès à ce rangement.

6. Les contraintes propres à votre activité

C'est la rubrique que les modèles génériques oublient, et c'est souvent la plus importante. Postes informatiques à ne pas déplacer, documents confidentiels à ne jamais toucher, salle serveur interdite d'accès, machines à l'arrêt, produits incompatibles avec un sol particulier, zone sous alarme spécifique, animaux, horaires de livraison.

Écrivez aussi ce qui ne doit surtout pas être touché. Une interdiction claire vaut mieux qu'une initiative bien intentionnée.

7. Le contrôle et les remarques

Comment vous signalez qu'un passage n'a pas été à la hauteur, à qui, et sous quel délai il est repris. Un cahier de remarques sur place, un email à une adresse unique, une visite commune à intervalle régulier : peu importe la forme, à condition qu'elle soit nommée et qu'elle ne dépende pas d'une seule personne.

Une règle qui vaut pour les deux parties : une remarque se formule sur un point précis et daté, pas sur une impression générale. C'est ce qui permet de corriger au lieu de discuter.

8. Le contact et le remplacement

Qui appelle qui, et quel est le numéro quand la personne habituelle n'est pas là. Prévoyez explicitement le cas de l'absence : que se passe-t-il quand l'agent est malade ou en congé, et sous quel délai vous êtes prévenu.

9. La facturation, la durée et la sortie

À qui on facture, à quel rythme, sur quelle base. Ce qui est compris dans le montant et ce qui se facture en plus. Combien de temps l'accord court, et avec quel préavis chacun peut y mettre fin.

Écrivez le jour de la sortie : restitution des clés et des badges, dernier passage, dernière facture. Un préavis court, écrit noir sur blanc, vaut mieux qu'un arrangement verbal — dans les deux sens.

Les formules qui font discuter plus tard

Certaines phrases reviennent dans presque tous les documents et ne veulent rien dire. Elles sont confortables à écrire et impossibles à faire respecter.

  • « Nettoyage complet des locaux. » Complet selon qui ? Remplacez par la liste des pièces.
  • « Si nécessaire », « selon les besoins », « régulièrement ». Trois façons de ne pas fixer de fréquence. Écrivez un rythme, quitte à le revoir après trois mois.
  • « Produits adaptés », « matériel professionnel ». Ça ne s'oppose à rien. Nommez plutôt les surfaces délicates et laissez le prestataire dire comment il les traite.
  • « Les locaux doivent être impeccables. » Un objectif d'état ne se vérifie pas ; une liste de travaux, si.
  • « Vitres comprises. » Intérieures ou extérieures ? Accessibles depuis le sol ou en hauteur ? Pour un commerce, la face intérieure de la vitrine, l'extérieure, ou les deux ? Les réponses n'ont ni le même prix ni le même équipement derrière.

Une dernière, plus subtile : imposer une cadence, c'est-à-dire un nombre de mètres carrés par heure. Ça semble rigoureux, et ça produit l'effet inverse — le prestataire s'engage sur une vitesse au lieu de s'engager sur un travail. Demandez plutôt le volume d'heures prévu pour votre liste, et vérifiez qu'il est crédible : c'est le sujet de notre guide sur les cadences de nettoyage au mètre carré.

Comment le faire chiffrer sans perdre la comparaison

Envoyez le même document à tous, avec les mêmes trois demandes :

  1. Un prix par passage et un prix mensuel, pour que les rythmes différents restent comparables.
  2. Le volume d'heures prévu par passage. C'est ce chiffre, et non le prix au mètre carré, qui montre l'hypothèse de travail derrière l'offre.
  3. Ce que l'offre exclut explicitement. Une offre honnête exclut des choses ; une offre qui n'exclut rien n'a pas lu votre document.

Une réponse vague à ce stade ne se précise pas toute seule une fois l'accord signé. C'est vrai de nous comme de n'importe quel autre prestataire. La façon dont les écarts de prix se lisent ensuite est détaillée dans notre guide sur le prix d'un nettoyage de bureaux.

Deux cas qui demandent une rubrique en plus

Un immeuble à appartements. Le périmètre ne se décide pas seul : hall, cage d'escalier, ascenseur, local poubelles, abords. Qui décide, qui reçoit les remarques des copropriétaires, qui paie. Tout ça se traite à part, et nous l'avons détaillé dans le guide sur ce qu'un syndic prévoit pour les communs.

Plusieurs sites. Une annexe par adresse, un périmètre par adresse, un interlocuteur par adresse. Le reste du document est commun. Pour une demande groupée, tout se dit depuis la page professionnels.

Où trouver un modèle public

Si vous voulez partir d'un document déjà rédigé, les marchés publics en publient. Bruxelles Environnement met en ligne des cahiers des charges types et des documents pour des achats durables : on y trouve notamment un cahier spécial des charges pour l'achat de produits et de matériel d'entretien respectueux de l'environnement et de la santé, ainsi que des supports de formation consacrés au nettoyage dans les marchés publics.

Ces documents sont écrits pour des administrations, avec des règles qui ne s'appliquent pas à une PME. Prenez-en la structure et le vocabulaire, pas les procédures.

Ce qu'on vous demandera, de notre côté

Un cahier des charges nous suffit : on le lit, on vient voir si nécessaire, et on répond dessus. Si vous n'en avez pas encore, les rubriques ci-dessus sont exactement les questions qu'on vous posera.

Vous décrivez vos locaux depuis la page nettoyage de bureaux, on vous rappelle sous moins de 24 h avec un prix ferme et une date, annoncés avant qu'on vienne. Le nettoyage n'a pas de tarif affiché — la page tarifs porte « sur devis » pour cette ligne, et c'est volontaire.

Un conseil pour finir : ne cherchez pas le document parfait au premier essai. Écrivez-le, faites-le tourner trois mois, puis corrigez les deux ou trois lignes qui ont posé problème. C'est la relecture qui fait un bon cahier des charges, pas la rédaction.

Sources

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