CONSEILS
État des lieux de sortie : ce qu'on attend de vous
Ce qu'un état des lieux de sortie regarde vraiment, pièce par pièce, et les points de propreté qui coûtent le plus cher quand on les oublie.
Par Chapeau Nettoyage & Ramonage · Publié le · 6 min de lecture

Un état des lieux de sortie n'est pas un concours de propreté : c'est une comparaison. On compare le logement que vous rendez avec celui décrit le jour de votre entrée. La propreté, elle, se lit en quelques minutes — une cuisine grasse et des joints noirs se voient tout de suite, et ça se chiffre. Voici ce qui se regarde, pièce par pièce.
Ce que l'état des lieux regarde, et ce qu'il ne regarde pas
En Wallonie, le décret du 15 mars 2018 sur le bail d'habitation pose le principe : les deux parties dressent un état des lieux d'entrée détaillé, contradictoirement et à frais communs, et chacune peut ensuite demander un état des lieux de sortie contradictoire, à frais partagés.
Le texte ajoute la phrase qui vous concerne vraiment : le locataire doit rendre le bien tel qu'il l'a reçu, suivant cet état — excepté ce qui a péri ou a été dégradé par vétusté ou force majeure. Et les réparations locatives occasionnées uniquement par la vétusté ou la force majeure sont à charge du bailleur.
Traduit en clair : ce qui s'est usé tout seul, avec le temps et un usage normal, n'est pas votre problème. Ce qui est sale, encrassé ou abîmé parce que personne ne s'en est occupé, oui.
Nous ne sommes pas juristes, et la frontière entre les deux se discute au cas par cas, votre bail et votre état des lieux d'entrée sous les yeux. Ce qu'on peut vous dire, c'est ce qu'on voit sur le terrain : les discussions portent rarement sur la peinture du salon. Elles portent sur la cuisine, sur la salle de bain, et sur les endroits que personne n'a nettoyés depuis l'emménagement.
Un réflexe qui ne coûte rien : photographiez tout le jour où vous partez, logement vide et nettoyé. Une photo datée vaut mieux qu'un souvenir.
La cuisine, là où ça se joue
C'est la pièce qu'on regarde le plus longtemps, et celle qui demande le plus de travail. Le gras ne part pas au chiffon sec.
Les points qui reviennent, dans l'ordre où on les oublie :
- Le dessus des meubles hauts et de la hotte. Une couche de gras poussiéreux s'y dépose, et personne ne la voit avant de monter sur un escabeau.
- Le filtre de la hotte, la crédence, les plaques et leur pourtour.
- L'intérieur des placards et des tiroirs, miettes comprises.
- Derrière et sous les appareils qui se déplacent : frigo, lave-vaisselle, cuisinière. C'est là que se retrouve tout ce qui est tombé pendant la location.
- Le joint de l'évier et la bonde, souvent noircis.
- Les plinthes des meubles, à ras du sol.
Si l'électroménager reste dans le logement, signalez-le quand vous décrivez le travail : un four, un frigo et une hotte ne se traitent pas comme un plan de travail, et on vous dit ce qu'on prend en charge avant de venir.
La salle de bain et les joints
Deuxième pièce regardée, deuxième pièce à préparer. Calcaire sur la paroi de douche, tartre au fond de la baignoire, bonde, siphon, grille de ventilation, dessous du lavabo, pied des WC : tout ça se voit, et tout ça se nettoie.
Le point à connaître avant de s'épuiser dessus : un joint de silicone dont la moisissure est passée dans la masse ne redevient pas blanc. On le nettoie, on l'éclaircit, il reste marqué. Ça ne se nettoie plus, ça se remplace — et remplacer un joint n'est plus du ménage. Mieux vaut le signaler à votre bailleur avant le jour de l'état des lieux que le découvrir avec lui.
Sols, plinthes, interrupteurs : les oublis classiques
La liste des endroits qu'on oublie est toujours la même, et elle est courte :
- les plinthes, sur tout le tour, y compris derrière les portes ouvertes ;
- les interrupteurs, les poignées, les chambranles — tout ce qu'on touche sans le regarder ;
- le dessus des portes et des armoires ;
- les radiateurs, entre les lames ;
- les vitres intérieures, les châssis, et surtout les rails des baies coulissantes ;
- les grilles d'aération et les bouches de ventilation ;
- les traces de ruban adhésif et de pâte à fixer, sur les murs comme sur les carrelages.
Le tour se fait mieux à deux hauteurs : debout, puis accroupi. Les plinthes, les bas de porte, le dessous des meubles qui restent et les rails n'apparaissent qu'à la seconde. C'est pourtant ce qu'on vient regarder de près le jour de la visite.
Le conduit, et l'attestation qu'on vous demandera
Si le logement a un feu ouvert, un insert, un poêle à bois ou un poêle à pellets, le foyer fait partie de ce qu'on regarde : cendres enlevées, vitre propre, et surtout un conduit ramoné.
Ce qu'on observe sur le terrain : beaucoup de bailleurs et d'agences demandent l'attestation de ramonage à la sortie, au même titre que les relevés de compteurs. Ce n'est pas la même chose qu'une obligation — c'est une pratique courante, et elle se règle mieux avant la date qu'en la découvrant sur place. Ce que la règle dit vraiment, région par région, est détaillé dans notre guide sur le ramonage obligatoire.
Qui paie ce passage, du locataire ou du propriétaire, dépend de votre bail : c'est la ligne à retrouver avant de réserver. Nos prix pour un ramonage sont sur la page tarifs, et ils vous sont annoncés avant qu'on vienne.
Une précision, pour être clair : une liste de sortie contient souvent l'entretien de la chaudière au gaz ou au mazout, et le contrôle des détecteurs de fumée. Ce ne sont pas nos prestations. Ça se voit avec un chauffagiste, et mieux vaut l'avoir prévu.
Ce qu'on ne peut pas remettre à neuf
Autant le dire avant de venir, c'est la principale source de malentendu : un nettoyage, même complet, ne rattrape pas de l'usure.
Ne redeviennent pas neufs un joint de silicone noirci en profondeur, l'émail rayé d'une baignoire, un parquet dont le vernis est parti par endroits, un plan de travail brûlé, une peinture qui a fait son temps, une moquette tachée depuis des mois. On les nettoie, ils restent visibles.
Ce n'est pas au ménage de corriger ça. C'est la conversation à avoir avec votre bailleur, état des lieux d'entrée à l'appui — et c'est là que le mot vétusté a sa place, pas dans une liste de nettoyage.
Faire soi-même ou faire faire
Un logement vide se nettoie beaucoup mieux qu'un logement meublé : tout est accessible. Si vous avez une journée devant vous, un escabeau et de quoi dégraisser, c'est faisable — et personne ne connaît mieux que vous les détails de votre propre appartement.
Ce qui fait basculer les gens vers nous, en général, c'est autre chose : un déménagement qui prend plus de temps que prévu, un troisième étage sans ascenseur, ou une cuisine qui n'a pas été dégraissée depuis quelques années.
Dans ce cas, prenez rendez-vous dès que la date de l'état des lieux est fixée, sans attendre d'avoir fini de déménager. Ce que comprend un nettoyage entre deux locations est détaillé sur la page du service : vous décrivez la surface et le nombre de pièces, on vous rappelle avec un prix. Il n'y a pas de tarif affiché, parce qu'un studio vide et une maison de quatre chambres ne demandent pas le même travail. Le prix se fait sur devis, il est annoncé avant qu'on vienne, et il ne bouge plus ensuite.
Sources
- Décret du 15 mars 2018 relatif au bail d'habitation (Wallonie), sur WALLEX — consulté le 26 septembre 2026

