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CONSEILS

Garantie locative retenue pour nettoyage : que faire

Ce qu'une retenue sur la garantie locative exige vraiment en Wallonie et à Bruxelles, pourquoi le nettoyage revient si souvent, et dans quel ordre réagir.

Par Chapeau Nettoyage & Ramonage · Publié le · 8 min de lecture

Paroi de douche remise au propre dans un logement rendu en fin de bail

Une garantie locative ne se garde pas sur décision unilatérale. En Wallonie comme à Bruxelles, les textes publics disent la même chose : l'argent ne se libère — en faveur du locataire comme en faveur du bailleur — que sur accord écrit des deux parties ou sur décision de justice. Un propriétaire qui annonce qu'il retient une somme pour le nettoyage fait donc une proposition, pas un prélèvement. Voici ce que ça change, et dans quel ordre réagir.

À quoi sert la garantie locative

La Région de Bruxelles-Capitale le formule sans détour : la garantie permet au bailleur de ne pas se retrouver les mains vides si le locataire ne respecte pas ses obligations. C'est une sûreté, pas une avance sur travaux ni une caution de propreté forfaitaire.

Le montant est encadré. À Bruxelles, pour les baux conclus ou renouvelés à partir du 1er novembre 2024, la garantie ne peut pas excéder deux mois de loyer, et la Région énumère cinq formes possibles, parmi lesquelles le preneur choisit. En Wallonie, le décret du 15 mars 2018 sur le bail d'habitation, dans sa version en vigueur, écrit que la garantie ne peut excéder un montant équivalent à deux mois de loyer — et ce plafond vaut quelle que soit la forme choisie : compte individualisé, garantie bancaire reconstituée progressivement, ou garantie bancaire constituée par l'intermédiaire d'un CPAS.

Nous ne sommes ni juristes ni agence immobilière. Ce qui suit décrit des documents publics et ce qu'on constate sur le terrain, dans des logements qu'on nettoie et dont on ramone les conduits. Pour une situation précise, votre bail et votre état des lieux d'entrée priment sur tout guide.

Ce qu'une retenue exige, des deux côtés de la frontière régionale

C'est le point que la plupart des gens ignorent, et c'est celui qui change la conversation.

Le décret wallon écrit qu'il ne peut être disposé du compte bancaire, tant en principal qu'en intérêts, ni de la garantie bancaire, ni du compte sur lequel la reconstitution s'est effectuée, qu'au profit de l'une ou l'autre des parties, moyennant production soit d'un accord écrit établi au plus tôt à la fin du contrat de bail, soit d'une copie d'une décision judiciaire.

Bruxelles pose la même exigence dans les mêmes termes pratiques : la libération suppose un accord écrit du locataire et du bailleur, ou la copie d'un jugement exécutoire.

Trois conséquences concrètes :

  • Votre signature a de la valeur. Ne signez pas un document de libération partielle le jour de l'état des lieux, sous la pression du planning, si le montant vous paraît discutable. Un accord écrit est fait pour être discuté avant d'être signé.
  • Un accord signé avant la fin du bail ne vaut rien en Wallonie. Le décret précise que l'accord écrit est établi au plus tôt à la fin du contrat de bail.
  • Sans accord, il faut un juge. C'est lent et personne n'y a intérêt — ce qui est justement ce qui rend la négociation possible.

Un mot sur les délais, parce qu'ils diffèrent. À Bruxelles, la Région annonce la restitution dans les deux mois suivant le départ du locataire, pour autant qu'il se soit acquitté de toutes ses obligations. L'article wallon que nous citons ici, lui, dit comment la garantie se débloque, pas en combien de temps : nous ne lui ferons pas dire un délai qu'il n'écrit pas.

Pourquoi le nettoyage revient si souvent dans les retenues

Parce que c'est le poste le plus visible et le plus facile à chiffrer. Une cuisine grasse et des joints noirs se voient en quelques minutes, et ils se traduisent en devis de nettoyage sans expertise particulière.

Et parce que l'obligation existe vraiment. Le tableau publié par le Service public de Wallonie met à charge du preneur le maintien du bien loué en bon état de propreté et d'entretien, et il ajoute que lorsque le preneur quitte les lieux, le bien est vide et propre — les frais d'enlèvement des objets, décombres et détritus restant à sa charge en plus des éventuels frais de nettoyage. Une phrase du même document coupe court à un argument courant : l'obligation de rendre les lieux en bon état de propreté reste d'application, quel que soit l'âge des décors.

À Bruxelles, la Région rappelle qu'une liste des principales obligations de réparation et d'entretien à charge du locataire ou du bailleur a été établie par le Gouvernement, et que les parties ne peuvent pas déroger à cette répartition.

Autrement dit : une retenue pour nettoyage n'est pas abusive par nature. Elle se discute sur son montant et sur son périmètre, pas sur son principe.

Vétusté et usure normale : la ligne de partage

C'est là que la plupart des retenues deviennent contestables.

Le décret wallon pose que le locataire doit rendre la chose telle qu'il l'a reçue, suivant l'état des lieux, excepté ce qui a péri ou a été dégradé par vétusté ou force majeure.

Bruxelles procède en deux temps, et il vaut mieux ne pas les confondre. Le principe d'abord : le locataire doit remettre les locaux loués dans l'état dans lequel il les a reçus, sauf usure normale, vétusté, vices de construction. Le chiffrage ensuite : l'état des lieux de sortie détermine les dégradations ou manquements imputables au locataire et chiffre la compensation financière en tenant compte de la répartition des réparations à charge du locataire ou du bailleur, mais également des clauses et conditions du bail, des travaux éventuellement réalisés en cours d'occupation, des documents d'entretien des équipements et des courriers échangés.

Cette seconde liste est celle qu'on oublie de faire valoir. Un bail qui met une chose à charge du bailleur, un échange de mails où il reconnaît un défaut, une facture d'entretien : ce sont des pièces qui relèvent des catégories dont la Région dit que le chiffrage tient compte.

La conséquence est nette : ce qui était déjà usé à votre arrivée, ou ce qui s'est usé tout seul, ne se facture pas comme de la saleté.

Quelques cas qu'on voit revenir, et qui ne sont pas la même chose :

  • Un joint de silicone noirci dans la masse. Ça ne se nettoie plus, ça se remplace. Ce n'est donc pas un défaut de nettoyage — c'est une question de vétusté, à régler avec l'état des lieux d'entrée.
  • Un émail rayé, un vernis parti, une peinture fatiguée. Aucun nettoyage n'y change rien.
  • Une cuisine grasse, une douche entartrée, un four jamais nettoyé. Là, la retenue a une base : le tableau wallon range explicitement le nettoyage, le détartrage et le dégraissage des équipements du côté du preneur.
  • Un foyer plein de cendres et un conduit non ramoné. Même logique, et le ramonage y est nommément à charge du preneur, sauf clause contraire.

Si la retenue vous paraît injustifiée

Dans l'ordre, et sans y mettre d'énergie inutile :

  1. Demandez le détail par écrit. Un montant global n'est pas discutable ; une ligne « nettoyage de la cuisine, devis joint » l'est.
  2. Ressortez l'état des lieux d'entrée. C'est la pièce qui compte. Sans lui, la discussion se fait de mémoire, et la mémoire n'a jamais gagné un litige.
  3. Comparez avec vos photos de sortie. Prises logement vide et nettoyé, datées, elles valent bien plus qu'un souvenir. Si vous lisez ce guide avant votre déménagement, c'est le réflexe à retenir.
  4. Séparez ce qui est nettoyage de ce qui est réparation. Les deux n'obéissent pas aux mêmes règles, et mélangés ils gonflent la note.
  5. Proposez un accord écrit sur ce qui est fondé. Reconnaître une part et contester le reste avance plus vite qu'un refus global.
  6. Faites-vous aider si ça bloque. Un service juridique, une association de défense des locataires ou un avocat vous dira comment saisir la justice : ce n'est pas notre métier, et nous n'allons pas vous inventer une procédure.

Ce que nous ne ferons pas non plus : nous ne produisons pas de contre-expertise, ni d'attestation de propreté destinée à un litige. Nous nettoyons, nous ramonons, et nous remettons une attestation de ramonage quand nous ramonons.

Ce qui se règle avant, et qui coûte moins cher

La meilleure façon de gagner une discussion sur la garantie locative, c'est de ne pas l'avoir.

Trois gestes simples y suffisent le plus souvent : rendre le logement vide avant de le nettoyer, traiter la cuisine et la salle de bain sérieusement plutôt que le salon deux fois, et faire ramoner le conduit si le logement a un feu ouvert, un insert ou un poêle — nos prix de ramonage sont sur la page tarifs, et nous passons par l'intérieur, depuis le foyer.

Pour la partie nettoyage, deux guides vont plus loin que celui-ci : la checklist pièce par pièce d'un nettoyage de fin de bail, et ce qu'un état des lieux de sortie regarde vraiment.

Et si vous préférez confier la remise au propre plutôt que de la refaire deux fois, décrivez le logement sur la page du service : le prix vous est annoncé avant qu'on vienne, et ce qui le fait varier est détaillé ici.

Sources

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