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Nettoyage de fin de bail : la checklist pièce par pièce

La checklist d'un nettoyage de fin de bail, pièce par pièce et dans l'ordre, avec ce que la liste officielle met vraiment à charge du locataire.

Par Chapeau Nettoyage & Ramonage · Publié le · 10 min de lecture

Paroi de douche détartrée pendant un nettoyage de fin de bail

Un nettoyage de fin de bail se fait logement vide, de haut en bas, et il se termine par la cuisine et la salle de bain — les deux pièces qu'on regarde le plus longtemps. Le reste tient dans une liste, et cette liste n'est pas une invention de ramoneur : la Région wallonne publie noir sur blanc ce qu'un locataire doit rendre propre. Voici cette liste, traduite en gestes, pièce par pièce.

Ce que « rendre propre » veut dire officiellement

Le Service public de Wallonie publie un tableau qui répartit les réparations et les entretiens entre le bailleur et le preneur — le vocabulaire juridique pour le propriétaire et le locataire. Sur la propreté, il est direct : le preneur maintient le bien loué, y compris tous ses équipements, en bon état de propreté et d'entretien.

Deux phrases du même document valent d'être connues avant de commencer.

La première ferme le débat sur l'âge du logement : l'obligation de rendre les lieux en bon état de propreté reste d'application, quel que soit l'âge des décors. Une cuisine de vingt ans se rend propre comme une cuisine neuve — vieille n'est pas sale.

La seconde dit ce qu'on attend le jour du départ : lorsque le preneur quitte les lieux, le bien est vide et propre. Et le document ajoute qu'outre les éventuels frais de nettoyage, le preneur supporte les frais d'enlèvement des objets, décombres et détritus. Autrement dit : ce que vous laissez derrière vous se paie.

À Bruxelles, le principe est le même dans une autre forme. La Région explique qu'une liste des principales obligations de réparation et d'entretien à charge du locataire ou du bailleur a été établie par le Gouvernement, et que les parties ne peuvent pas déroger à cette répartition. Le tableau wallon le dit aussi de son côté, dès que les lieux loués sont affectés à la résidence principale du locataire.

Une précision, parce qu'elle vaut pour tout ce qui suit : nous ne sommes pas juristes. Nous lisons deux documents publics et nous les traduisons en gestes de nettoyage. Le tableau wallon se présente d'ailleurs lui-même comme non exhaustif, et votre bail, lui, se lit en entier.

L'ordre qui évite de tout refaire

Une checklist ne sert à rien si elle se fait dans le désordre. Quatre règles suffisent.

  • Videz d'abord. Un logement encore meublé se nettoie deux fois : une fois autour des meubles, une fois à leur place. Le tableau wallon attend d'ailleurs un bien vide et propre, dans cet ordre.
  • De haut en bas. Dessus des armoires, dessus des portes, hotte, luminaires, puis les surfaces, puis les sols. La poussière tombe : la prendre en dernier, c'est la reprendre.
  • Le sec avant le mouillé. On dépoussière et on aspire avant de laver. Un sol lavé sur de la poussière sèche est gris le lendemain.
  • Le bon produit avant le bon geste. Le tableau wallon demande au preneur d'utiliser les produits adéquats de manière appropriée, et, en cas de doute, de demander conseil au bailleur. Ce n'est pas une formule creuse : c'est le même document qui lui impute plus loin les dégâts d'une méthode de nettoyage inadaptée.

La cuisine, et les quatre verbes du tableau

C'est la pièce la plus longue, et c'est aussi celle où le tableau wallon est le plus précis. Il met à charge du preneur l'entretien général des appareils, en se basant notamment sur les notices d'emploi et d'entretien qui lui ont été remises par le bailleur, et il donne l'exemple : le nettoyage, le détartrage, le dégivrage et le dégraissage des équipements, et spécialement des filtres et des gicleurs, ainsi que la préservation des joints d'étanchéité.

Ces quatre verbes suffisent à organiser la journée.

  • Dégraisser, en descendant. Le haut des armoires et le caisson de la hotte d'abord, puis la crédence, les plaques et leur pourtour. Le gras ne part pas au chiffon sec : il se laisse tremper pendant qu'on fait autre chose.
  • Nettoyer les filtres. Ce sont, avec les gicleurs, les seules pièces que le tableau sort du lot en les nommant.
  • Dégivrer le frigo. Le document le demande nommément — et il ajoute une réserve qui évite une mauvaise surprise : sans provoquer de dégât sur la planche de base.
  • Détartrer l'évier, la robinetterie et tout ce qui a vu passer de l'eau chaude.

Les joints d'étanchéité, eux, sont cités dans la même phrase que les filtres : les préserver, c'est ne pas les attaquer à l'abrasif pour gagner quelques minutes.

Le détail des recoins qu'on oublie dans une cuisine — intérieur des placards, derrière et sous les appareils qui se déplacent, plinthes des meubles — est déjà pris pièce par pièce dans notre guide sur l'état des lieux de sortie, et il n'y a pas de raison de le réécrire ici.

Un four, une hotte et un frigo ne se traitent pas comme un plan de travail : signalez-les quand vous décrivez le travail, on vous dit ce qu'on prend en charge avant de venir.

La salle de bain et les WC

Deuxième pièce regardée, deuxième pièce à préparer. Le mot qui revient dans le tableau wallon, ici, c'est le calcaire : le preneur entretient baignoire et douche avec les produits appropriés pour éviter l'entartrage, il élimine le calcaire de la chasse, et il maintient la cuvette en bon état de propreté.

En pratique, la liste est courte et toujours la même : paroi de douche, fond de baignoire, robinetterie et mousseurs, bonde et siphon, pied des WC, dessous du lavabo, grille de ventilation, et le miroir en dernier.

Reste le joint souple en périphérie de la baignoire ou de la douche, et là le tableau wallon dit deux choses d'un coup. La première : son entretien et son remplacement éventuel sont à charge du preneur. La seconde, qu'on lit rarement jusqu'au bout : le preneur peut être tenu responsable des dommages provoqués par des infiltrations à la suite d'une défectuosité de ce joint s'il n'en a pas informé le bailleur.

Autrement dit, un joint qui se décolle ou qui a noirci en profondeur ne se rattrape pas au produit blanchissant la veille de l'état des lieux : il se signale par écrit, et le plus tôt possible. C'est la ligne où le silence coûte plus cher que le défaut.

Séjour, chambres, couloir

C'est la partie qui va vite. La liste des endroits qu'on oublie dans les pièces à vivre — plinthes, interrupteurs, chambranles, dessus des portes, radiateurs, grilles d'aération, traces d'adhésif — ne change pas d'un logement à l'autre, et elle est déjà détaillée dans notre guide sur l'état des lieux de sortie. Ce qui suit, c'est ce que le tableau wallon met par-dessus, et qu'on découvre en général trop tard.

Les murs et les plafonds. Le preneur sera tenu du lessivage des plafonds et des murs en cas d'empoussièrement ou de souillures. Et il répare toutes les dégradations causées par l'utilisation de clous, de crampons et de chevilles — le sort ordinaire des tringles, des étagères et des cadres.

Un logement fumé. Le preneur est responsable des dépôts de nicotine, et le tableau détaille le programme : pour les peintures, un lessivage et, dans certains cas, l'application d'une couche de fond, quel que soit le degré d'amortissement ; le nettoyage des voiles, tentures, tapis et textiles divers imprégnés d'une forte odeur, frais de transport, de dépose et de repose compris le cas échéant ; et le nettoyage spécifique des prises et interrupteurs électriques, des prises d'air, des radiateurs et des convecteurs, extérieur et intérieur.

Les sols, et la méthode. C'est ici que la quatrième règle du début se paie comptant : si le preneur est responsable du manque de nettoyage, il l'est également des dégâts causés par une méthode de nettoyage inadaptée. Le document cite l'exemple du shampooing liquide sur une moquette dimensionnellement instable ou sur un support sensible à l'eau — un plancher en bois, par exemple. Les revêtements stratifiés y sont dits aussi sensibles à l'eau que le parquet : nettoyage à sec, ou serpillière très légèrement humide. Noyer un sol la veille d'un état des lieux, c'est transformer une corvée en dégât.

Vitres, châssis et volets

Souvent oubliée, cette ligne-là est pourtant écrite telle quelle : le preneur lave régulièrement les vitres intérieures et extérieures, sauf celles qui sont inaccessibles.

Les châssis suivent, et le détail compte : le nettoyage des châssis côté intérieur, et en particulier des canaux d'évacuation des eaux de condensation, ainsi que la face extérieure des châssis ouvrants ou normalement accessibles. Pour les volets, le tableau se limite aux faces accessibles. Les rails des baies coulissantes ne sont pas cités, mais ce sont eux qu'on regarde en premier : ils ramassent tout.

Et si le logement a un jardin, une phrase à retenir avant de rendre les clés : en fin de bail, le preneur est tenu de rendre le jardin dans sa toilette de saison.

Le foyer et le conduit, si le logement en a un

Un feu ouvert, un insert ou un poêle font partie de ce qu'on regarde. Le tableau wallon demande au preneur de nettoyer les résidus de combustion et d'entretenir les accessoires — clapet, rideau, pare-flammes, chenets, cendrier. Sur le conduit, il est encore plus net : sauf clause contraire, le ramonage et le nettoyage sont à charge du preneur, et une attestation est remise au bailleur à chaque passage du ramoneur.

Cendres enlevées, vitre propre, conduit ramoné : c'est le trio qui se demande à la sortie. Nous ramonons par l'intérieur, depuis le foyer, et nos prix sont sur la page tarifs. Ce que la règle dit vraiment, et qui doit payer ce passage, c'est le sujet de notre guide sur qui paie le ramonage, du locataire ou du propriétaire.

Une limite à connaître : une liste de sortie contient souvent l'entretien de la chaudière au gaz ou au mazout. Ce n'est pas notre métier, et ça se prévoit avec un chauffagiste.

Ce que cette checklist ne règle pas

Autant le dire avant : un nettoyage, même complet, ne rattrape pas de l'usure. Un joint noirci dans la masse, un émail rayé, un vernis parti par endroits, une peinture qui a fait son temps ne redeviennent pas neufs.

C'est précisément la frontière que l'état des lieux de sortie est là pour tracer. La Région bruxelloise pose le principe en une phrase : le locataire doit remettre les locaux loués dans l'état dans lequel il les a reçus, sauf usure normale, vétusté, vices de construction. Ce qui tombe dans ces trois catégories-là n'a donc pas à être nettoyé plus fort — ça se discute, état des lieux d'entrée à l'appui.

Comment la compensation financière se chiffre ensuite, et sur quels éléments la Région dit qu'elle se calcule, c'est l'autre moitié du sujet : elle est reprise dans notre guide sur la garantie locative retenue pour nettoyage.

Et si c'est le calendrier qui vous inquiète plutôt que le contenu, ce qu'il faut avoir fait avant la remise des clés prend le sujet par ce bout-là.

Faire soi-même, ou faire faire

Cette liste se fait seul. Elle demande trois choses qu'on sous-estime en la lisant : un escabeau stable, parce qu'une bonne part des points ci-dessus sont hors de portée ; un dégraissant qu'on laisse travailler au lieu de frotter ; et un créneau qui ne soit pas celui du camion de déménagement.

C'est ce dernier point qui décide, presque toujours. Le nettoyage se glisse entre le logement vidé et l'état des lieux, et c'est souvent la fenêtre la plus serrée du calendrier de fin de bail.

Si vous préférez ne pas la passer à genoux, réservez dès que la date de l'état des lieux est fixée, sans attendre la fin du déménagement. Ce que comprend un nettoyage entre deux locations est détaillé sur la page du service, et ce qui fait monter ou descendre le devis est expliqué ici.

Sources

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